Pédiatrie

dernière modification de cette page : 07/01/2021

Mise à jour 22 septembre 2020


Suspicion ou confirmation de cas covid-19 : ce qu'il faut faire dans le cadre scolaire

Indications sur la gestion des cas et des cas-contacts à l'attention des directeurs d'établissement scolaire selon le ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports (septembre 2020).


Foire Aux Questions :  

Réponses du Pr Christophe Marguet



Professeur de pédiatrie/pneumologie pédiatrique, CHU Rouen

Question 1 : Que faut-il fait concernant le dépistage des enfants/nourrissons ayant une fièvre bien tolérée sans point d'appel clinique fort ? PCR d'emblée ? temporisation 72h et réévaluation ?

Réponse : Il est possible de restreindre l'indication de la PCR aux enfants contact avec une personne vulnérable.

Question 2 : Y a-t-il une limite d'âge à l'écouvillonnage naso-pharyngé ?

Réponse : Aucune.

Question 3 : Faut-il tester systématiquement les enfants non fébriles avec des symptômes ORL ou digestifs isolés ?

Réponse : Non, au même titre qu'il n'y a pas de test pour dépister d'autres virus, il n'y a pas d'indication particulière à dépister le SARS-Cov-2.

Question 4 : Certaines crèches ou écoles exigent parfois la réalisation de PCR dans le cadre de rhinite banale. Quelle conduite à tenir ?

Réponse : Pas de fièvre, pas de détection sauf si cas contact.

Question 5 : Devant des enfants malades, lorsque le test est réalisé, un arrêt de travail est donné aux parents et un isolement est prescrit à la fratrie dans l'attente du résultat. Quand le résultat est négatif, l'isolement est levé. Que faire si le résultat est positif ?

Réponse : L'isolement du patient est de 14 jours à partir du début des symptômes, actuellement ce délai est réduit à 7 jours en cas de d'absence ou de faible symptomatologie.



Note du DMG : concernant les cas-contacts, la recommandation est d'effectuer un test à J7 du 1er contact à risque. Si le test est négatif, la durée de l'isolement est de 14 jours à partir du dernier contact à risque. Si le test est positif, l'isolement est en fonction de la symptomatologie.


 PROPOSITIONS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PÉDIATRIE ET DES SOCIÉTÉS DE SPÉCIALITÉS PÉDIATRIQUES POUR FAVORISER LE RETOUR DES ENFANTS AVEC MALADIE CHRONIQUE DANS LEUR ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE- 26 avril 2020

PROPOSITIONS

Proposition 1. Il faut favoriser le retour dans leur établissement scolaire de tous les enfants ayant une pathologie chronique, car bénéfique pour leur santé, leur bien-être et leur avenir. Différer ce retour apparait sans avantage pour la prise en charge de leur maladie. La poursuite d’une scolarisation à domicile ne peut concerner que quelques cas particuliers, sur avis du médecin référent.

Proposition 2. Les mesures barrières et les mesures d’hygiène recommandées pour l’ensemble des enfants dans les établissements scolaires doivent être appliquées avec une vigilance particulière chez les enfants avec pathologie chronique.

Proposition 3. Pour certaines pathologies, connues pour être à risque de complications lors d’infections virales respiratoires, ou caractérisées par une dysfonction immunitaire importante, des mesures barrières renforcées sont proposées à tout âge (voir tableau et textes spécifiques des sociétés participantes). Il convient alors de s'assurer auprès du médecin référent des mesures complémentaires éventuelles.

Proposition 4. Une attention particulière doit être portée aux adolescents avec maladie chronique. Le retour en milieu scolaire est une opportunité pour améliorer le repérage et la prévention des risques physiques, sexuels, addictifs et psychiques liés au déconfinement chez les plus vulnérables.

Proposition 5. Une attention particulière doit être portée aux enfants avec troubles du neurodéveloppement ou maladie neurologique chronique. Il est nécessaire de promouvoir l'accompagnement de ces patients, en particulier le maintien des dispositifs et aides mis en place pour leur scolarisation.


COVID -19 et la population des 0-18 ans

Pr Marguet (PU-PH Pédiatrie CHU Rouen)

Une maladie bénigne chez l’enfant : c’est une certitude, et toutes les données européennes convergent.

  • Pas de surmortalité dans cette tranche d’âge, qui est actuellement le critère de comparaison le mieux adapté (Les 5 décès ont tous eu lieu en Ile de France)
  • Les cas de contamination adultes vers les enfants décrits ne rapportent que des formes bénignes chez l’enfant
  • Les passages en réanimation ou soins intensifs n’ont pas excédé un pic de 25 enfants, en sachant que c’est très dépendant des circuits propres à chacun des hôpitaux
  • L’expression chez l’enfant est : asymptomatique dans la majorité des cas, ou une fièvre isolée, ou un syndrome pseudo-grippal
  • Les hypothèses évoquées pour la bénignité : immunité vis-à-vis d’autres virus, voies d’activation immatures. D’autres viroses sont plus graves chez adultes que l’enfant : grippe, varicelle, rougeole par exemple.

L’enfant et l’adolescent vecteur du virus et acteur de l’épidémie : une inconnue que l’on ne peut pas écarter.

  • Beaucoup d’avis et peu de certitude : une seule certitude c’est que nous ne pourrons pas le définir avant une autre épidémie probable car les coronavirus sont généralement saisonniers.
  • Des arguments contre : les données sérologiques ou les recherches par PCR (tardives car commencées que fin février) ne retrouvent que peu de positifs. Mais beaucoup d’incertitudes sur la sensibilité de ces tests.
  • Des arguments pour : le virus circule probablement depuis décembre, voire novembre, et aucune recherche à cette époque. Les formes sont bénignes donc peu testées chez l’enfant, il existe une temporalité entre adulte et enfant en faveur, les sérologies réalisées dans le lycée de l’Oise montre que 48 % des adolescents ont des anticorps
  • Des modèles mathématiques qui vont dans tous les sens.

Une transmission materno-fœtale possible, mais peu de preuves et les nouveau-nés n’ont pas de surmortalité


La santé n’est pas que physique, elle est mentale et sociale : une population au final protégée par leur âge, avec un retour possible pour une très grande majorité d’entre eux à l’école

  • Les enfants avec maladie chronique n’ont pas subi de sur-morbidité , même ceux avec des maladies respiratoires chroniques ou des immunodépressions
  • Les enfants avec une maladie chronique stabilisée ou contrôlée peuvent retourner à l’école
  • Une synthèse a été faîte par la Société française de pédiatrie
  • des listes de pathologies supposées à un plus grand risque nécessitant un avis des médecins spécialistes référents
  • Le masque et lavage des mains et distanciation à la rentrée, sortie de l’établissement
  • Le retour à l’école ne justifie aucun certificat médical, ni masque FFP2, ni même masque chirurgical de façon systématique.